"Ce qui m'intéresse, c'est d'être un homme."
Albert Camus, in La Peste
Albert Camus

Rencontres méditerranéennes
Albert Camus et les écritures algériennes. Quelles traces?
Lourmarin, 10-11 Octobre 2003


Les Rencontres méditerranéennes de Lourmarin organisent, pour leur XXème anniversaire, deux journées consacrées à Albert Camus, les 10 et 11 octobre 2003.

En outre une exposition consacrée à Albert Camus et les jeunes écrivains algériens sera présentée à la salle d'exposition de la Bibliothèque Anne-Marie Chapouton durant les mois de juillet et août 2003. Elle réunira ouvrages, manuscrits, correspondances, témoignages photographiques pour informer un large public sur la diversité de la littérature algérienne contemporaine, son originalité, ses choix et ses approches thématiques.
" Quelles traces subsiste-t-il d'une vie et d'une œuvre témoignant d'un indestructible attachement à la terre natale et marquées au sceau d'un universalisme salué par le prix Nobel ? Des années de guerre à celles d'aujourd'hui, la position des intellectuels algériens - journalistes, essayistes et écrivains - a oscillé entre le rejet pour les positions du citoyen refusant l'expulsion ou la marginalisation de sa communauté dans une nouvelle configuration politique et la séduction jamais démentie pour une écriture faisant vibrer au plus sensible une Algérie que chacun ressentait comme sienne. Dans ce contexte passionnel et politique de la décolonisation, toute phrase venant de Camus prenait valeur symbolique et permettait aux uns et aux autres de le vilipender ou de le reconnaître. Bien des arguments vengeurs ont été alors émis dont se sont emparés les adversaires d'une francophonie prétendument destructrice de l'identité algérienne. Pourtant, depuis quelques années, à la faveur d'une distance prise, d'un r&examen des textes et de la situation qui ne cesse de bouleverser la terre d'Algérie, des intellectuels algériens, de plus en plus nombreux, semblent avoir entrepris une démarche de réappropriation d'une œuvre, la revendiquant comme partie intégrante de leur patrimoine culturel. Dans le climat de violence et d'intolérance cohabitant avec une soif de dignité et de liberté, la verticalité lumineuse de " la pensée de midi " peut apporter sa contribution à l'avancée d'une parole insurgée contre toute forme de totalitarisme. Poète tellement proche de Camus, René Char ne nourrissait-il pas ainsi l'espoir, aux temps les plus sombres d'un pays meurtri : " Nous sommes dans l'inconcevable, mais avec des repères éblouissants " (1941) ? " (Christiane Chaulet - Achour et Jean-Claude Xuereb).

Intervenants
Christiane Chaulet-Achour [Université de Cergy-Pontoise] : Albert Camus et les intellectuels algériens : fraternité littéraire, tensions citoyennes,
Alek Baylee Toumi [University of Wisconsin] : lecture publique de sa pièce inédite "Albert Camus : entre la mère et l'injustice" et débat
Nourredine Saadi [Université de Douai - Artois] : Camus et l'actuel de l'Algérie : nostalgie de ce qui n'a pas eu lieu?
Maissa Bey [professeur, écrivain, auteur de Nouvelles d'Algérie] :
Abdelmajid Kaouah [Poète] : Albert Camus : une obsession algérienne : marques et ratures
Jean-Jacques Gonzalès [Professeur de philosophie] : intervention sur l'écriture de Camus et "l'exil absolu"
Jean-Claude Xuereb [Poète] : Le Mythe d'al-andalous et les écrivains algériens
Émile Témime [Université de Provence, auteur d'Un rêve méditerranéen] : À propos de "Misère de la Kabylie". Écrits des années trente et quarante
Naget Khadda [Université de Montpellier, auteur de Mohammed Dib, cette intempestive voix recluse]
Aziz Chouaki [écrivain]
Annie Cohen [écrivain]


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© Le Web Camus - 08/03 Dernière mise à jour: 27/08/03