"Ce qui m'intéresse, c'est d'être un homme." Albert Camus, in La Peste |
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Oran, Algérie Les 11 et 12 juin 2005 |
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Colloque Ouverture M. Aldo Herlaut, attaché culturel à l’Ambassade de France et directeur des Centres culturels français d’Algérie ; M. Abdelaziz Mehtar, président de l’association Les Amis de l’Oranie ; M. Kouider Metaïr, président de l’association « Bel Horizon Santa Cruz » ; M. Yahia Belaskri, journaliste, écrivain et initiateur du colloque ; Introduction Brahim Hadj-Slimane, « La vie culturelle à Oran au temps de Camus » ; 1ère table ronde : « Camus et les écrivains algériens » Modérateur : Yahia Belaskri ; -Christiane Chaulet-Achour « Albert Camus et Oran » ; - Maïssa Bey « présence de femmes » ; - Malek Alloula « Le Labyrinthe et la peste : à Oran, dans la familiarité de Camus » ; - Nourredine Saadi « Camus, la Peste, l’Histoire » ; 2ème table ronde : « Camus, l’Algérie, la Méditerranée » Modérateur : - Amina Azza-Bekkat « Camus et l’antériorité latino-algérienne » ; - Jean-Claude Xuereb « Les rencontres de Sidi Madani et l’école d’Alger » ; - José Lenzini « l’Algérie essentielle de Camus » ; - Ieme Vander Poel « Entre l’Europe et l’Autre colonisé: Camus écrivain algérien » ; Résumé des interventions Malek Alloula Il s’agira – en sollicitant et interrogeant les textes eux-mêmes ainsi que leurs marges – de parcourir un lieu géographique et spirituel qui, dans les années 1939-1940, se trouve être à l’origine d’inspirations créatrices donnant conjointement naissance à un essai et à un roman. Suivre, par le biais du texte, le cheminement d’une “familiarité” d’Albert Camus avec des lieux qui sont les nôtres, que nous partageons donc avec lui, peut nous conduire à une interrogation sur le sens et la signification de deux œuvres dont notre ville fut non seulement le foyer mais également le “personnage”. Amina Azza Bekkat Les ruines romaines que l’on retrouve ici et là en Algérie témoignent d’une civilisation développée et d’une culture aussi diverse que riche. La présence romaine devait laisser non seulement des monuments mais aussi des textes dont certains ont traversé le temps. Alors que la littérature latine s’essoufflait sur le sol d’origine, c’est en Afrique du Nord et dans le royaume numide que de grands noms devaient prendre le relais. Littérature de rhéteurs selon certains, car elle comptait surtout des orateurs mais aussi littérature de divertissement ou de conviction, toutes les oeuvres qui nous sont parvenues témoignent d’une originalité et même pourrions-nous dire d’une certaine spécificité proprement numide. Deux grands noms seront étudiés. Apulée de Madaure auteur du seul roman de langue latine, l’âne d’or, texte un peu licencieux et grivois qui a l’originalité de partir de récits oraux et dont les histoires, plus particulièrement le conte de Psyché et d’Eros, reviendront à l’oralité. Saint- Augustin, père de l Eglise, a, dans ses Confessions, inauguré un nouveau genre littéraire, le récit autobiographique qui connaîtra le succès que l on sait. Ces grands noms de la littérature et de la pensée universelle appartiennent au patrimoine de l’Algérie. Maïssa Bey la présence et l'épaisseur donnée aux personnages féminins dans les rapports de couple, dans les oeuvres de fiction (à l'exception de la mère dont j'ai déjà étudié quelques aspects dans un texte intitulé "Femmes au bord de la vie"). Christiane Chaulet-Achour Développer une réflexion sur l’importance d’Oran dans l’écriture romanesque : l’incident sur la plage de Bouisseville qui a inspiré la scène du meurtre de L’Etranger, et la ville d’Oran choisie pour situer La Peste. Cette réflexion se poursuivra par une mise en parallèle de Camus et deux écrivains oranais de sa communauté : Emmanuel Roblès et Jean Sénac. Elle présentera aussi la partie préparée par Bouba Tabti Mohammedi sur Dib et Maïssa Bey. Brahim Hadj Slimane Il s’agit d’évoquer la vie culturelle à Oran durant les années quarante, au moment où Albert Camus a séjourné dans cette ville. José Lenzini Replacée dans le contexte historique, l’Algérie que vit Camus comme enfant, comme adolescent puis dans ses premiers écrits va profondément marquer l’homme et son devenir. Revisiter certains lieux clé de sa jeunesse (le quartier pauvre, la tonnellerie, le grand collège, Tipaza, les collines découvertes avec l’oncle) permet de mieux appréhender l’œuvre, la morale et la philosophie d’un Camus en prise directe avec ses racines. Douloureux parcours au terme duquel il ne pourra choisir. Pourquoi ? C’est le reflet d’une vie faite d’engagements et de fidélité à ce pays… Je propose donc de retourner sur les chemins de jeunesse d’un Camus à la quête de midi le juste et de cette notion de « contrepoids » essentiels. Nourredine Saadi « Invisibles, absents de la ville et du récit, du décor,de l'histoire... » Ainsi dans son Camus à Oran, Abdelkader Djemaï regrette le silence de La Peste sur les algériens. Question récurrente qui revient dans toute interrogation sur le texte camusien sur l'Algérie. Retour donc sur ce débat tant arpenté. Ieme Van der Poel Dans son essai « Culture et impérialisme » (1993), Edward Said caractérise Albert Camus comme un écrivain franchement colonial dont les écrits ne font qu’affirmer la relation binaire qui existait entre colonisés et colonisateurs en Algérie. L’interprétation que j’aimerais proposer ici de « l’ Hôte » et de « La femme adultère » (L’Exil et le royaume, 1957), sera basée plutôt sur l’idée de l’échange interculturel qui sous-tend ces deux textes et qui nous permettra de considérer la littérature algérienne d’expression française dans son unité, plutôt que de regarder la guerre d’indépendance comme une fracture, séparant les auteurs coloniaux des auteurs post coloniaux. Jean Claude Xuereb Entre décembre 1947 et mars 1948, ont eu lieu, dans un ancien hôtel transatlantique à Sidi Madani, dans les gorges de la Chiffa, des rencontres d’intellectuels, écrivains, artistes venus d’Algérie et de France. Y participèrent notamment Louis Benisti, Malek Bennabi, Albert Camus, Jean Cayrol, Mohamed Dib, El Boudali Safir, Louis Guilloux, le docteur Khaldi, Michel Leiris, Brice Parain, Louis Parrot, Francis Ponge, Emmanuel Roblès, Jean Sénac, Jean Tortel,… Ces rencontres, bien qu’ignorées de la plupart des historiens ou passées sous silence, méritent d’être évoquées comme un moment important de la vie intellectuelle de l’époque. Dimanche 12 juin 2005 Animation : Mme Mimi Redjala-Strahm 15h : « Albert Camus, un combat contre l’absurde », un film de James Kent (France 1997) D’après l’ouvrage d’Olivier Todd (90’). Production : Compagnie des Phares et Balises. 17h : « Albert Camus » un film de Jean Daniel et Joël Calmettes (France 1999 ) 52’. Production : CKF pour la série « Un siècle d’écrivains » de Bernard Rapp. 18h : « L’école d’Alger », un film de Chantal Stoïchita de Grandpré (Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges). 19h : « L’Etranger » de Albert Camus par une compagnie oranaise Mise en scène : Ameur Ikhlef ; création en cours. |
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© Le Web Camus - 07/05 | Dernière mise à jour: 14/07/05 |